Une page se tourne

Voilà, un nouveau chapitre s’amorce dans mon existence… Une prochaine histoire commence pour mon fils et moi. Clap de fin sur notre cocon familial !

En effet, mon petit poulet va désormais s’installer à Aix en Provence, se loger dans une chambre au sein d’un logement étudiant pour continuer ses études. Certes, je suis fière de mon fils, de son bac décroché avec mention, de sa poursuite scolaire dans l’établissement ardemment désiré, évidemment je suis heureuse pour lui, ses ambitions me comblent de joie, mais je ressens tout de même un douloureux pincement au cœur, une forme d’appréhension. L’émerveillement de sa réussite se conjugue avec une immense peine.

La séparation est donc imminente, doucement je tente de me préparer à ce moment délicat. Ce passage où mon bébé va quitter le nid parental, où il va être livré à lui-même et démarrer ses propres expériences, loin de ma protection bienveillante… Mon fils adoré va me manquer.

Je sais que c’est dans l’ordre logique du cours de la vie, mais en qualité de maman, je m’interroge sérieusement si je suis capable et prête à subir ce soudain changement, à affronter cette inconnue qui se résumera dorénavant par son absence quotidienne ?

Avec nostalgie, je repense au moment où je suis sortie de la maternité avec mon minuscule enfant dans les bras. Neuf mois d’attente et ce petit miracle enfin concrétisé ! Auparavant, nous étions deux, dorénavant nous serions à jamais trois pour notre plus grand bonheur. On m’avait dit « tu verras, ça passe vite, profite au maximum de ton bébé » , il venait de naître alors évidemment je croyais que le temps ne finirait jamais, je ne pensais pas au futur qui viendrait s’imposer tellement vite. Ah la sagesse des anciens ! Ces mots résonnent en moi aujourd’hui tant je suis consciente que nos chemins vont se séparer. Désormais, ce ne sera plus comme avant.

Toutefois, en me confrontant à cette évidence, la sensation éprouvée s’avère pénible…Le départ est amorcé, un voyage mystérieux s’apprête à commencer. Retour à deux ! En arpentant la maison, je m’arrête un bref instant devant sa chambre. Cette pièce, son paradis secret, où règne un joyeux bazar, sera alors vide, désormais la porte ne claquera plus vigoureusement après nos discussions enflammées. Au moins, le chambranle aura prochainement un peu de répit ! Même si la cohabitation était souvent un peu, beaucoup trop houleuse ces derniers temps, sa petite frimousse espiègle ne comblera plus mes journées.

Des larmes coulent sur mes joues, pourtant je savoure ma chance qu’il parte vivre tout près de moi, il reviendra ainsi régulièrement le week-end laver son linge, faire son plein de courses dans notre frigo… Mais, selon moi, cette distance kilométrique représente un immense précipice entre nous. Lorsque mon chagrin s’apaise, laissant ma pensée reprendre sereinement le contrôle de mon esprit, je comprends que notre relation ne changera pas, nous avons toujours su évoluer ensemble, malgré les épreuves, et chaque obstacle affronté à consolider grandement notre lien affectif.

Cependant, égoïstement, je sais que je ne serai plus la personne la plus importante à ses yeux. À présent, je suis juste sa maman qui le laisse s’envoler et le regarde vivre sa propre vie, en débutant le reste de la mienne.

Une maman ne dort jamais tout à fait, elle est liée au sommeil de son enfant. »

Jean Gastaldi

 

Comments are closed.