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Le temps suspendu

Ainsi, hélas, les vacances si désirées ont délicatement tiré leur révérence.  Avec une douce nostalgie, il me restera le délicieux goût de cet été ressourçant, désormais révolu. Comme à chaque fois, je me souviens avec enchantement de cette envie frénétique d’y être enfin, de concrétiser joyeusement les projets souvent idéalisés durant toute l’année.

Lorsque le départ devient imminent, toujours l’angoisse de boucler les valises, de ne rien oublier, puis subitement à l’arrivée l’apaisement de se délecter de tous ses bagages émotionnels pour oublier alors la routine d’un quotidien souvent épuisant et simplement en profiter. Vivre enfin à son propre rythme en écoutant son horloge biologique sans aucune contrainte d’horaire et prendre enfin ce temps de vivre !

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La patience du temps

Aujourd’hui, chose très rare, voire exceptionnelle, je me suis accordé une journée off, en mode petite vitesse et grand plaisir. Une pure journée improvisée de détente suprême liée à un doux moment de cocooning !

Donc ce matin, en ouvrant machinalement mes volets, j’ai décidé de me laisser vivre sans m’imposer quelconque contrainte. En effet, le temps pluvieux et glacial m’a incitée à rester bien au chaud, lovée dans mon espace, tout en profitant des joies simples de la cheminée, mon plus grand bonheur depuis l’installation dans ma nouvelle maison.

Depuis que le cancer s’est imposé dans mon être et puisqu’une épée de Damoclès s’amuse à planer encore au-dessus de ma tête, je sais combien il est nécessaire, presque urgentissime, de savourer l’instant présent. Ainsi, j’ai pris tout simplement le temps de me poser, me reposer, apprécier chaque minute de cette vie si précieuse pour moi. Dorénavant, je ne veux plus avoir le regret de penser que ma vie est passée trop vite, ne surtout pas devenir une petite vieille qui se lamente sur ces années disparues, en grommelant continuellement cette frustration.

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Le permis de vivre

Comme à chaque fois, je commence à angoisser une semaine avant la date fatidique.

Comme à chaque fois, pour m’occuper l’esprit et me rassurer inconsciemment, je récure la maison de fond en comble (plus je frotte, moins je pense).

Comme à chaque fois, je lave avec énergie, range le linge repassé consciencieusement dans chaque armoire.

Comme à chaque fois, je cuisine avec amour de la ratatouille (met typique de ma région) et du hachis parmentier. Mes hommes ne raffolent pas de ces deux plats, pourtant ce sont les seuls que je sache faire en quantité industrielle pour remplir avec vigueur le congélateur.

Comme à chaque fois, je ne dors pas la nuit précédant mon rendez-vous.

Comme à chaque fois, le matin du jour J, la gorge serrée, j’embrasse passionnément mon fils et mon mari en leur prodiguant mille et une recommandations.

Comme à chaque fois, anxieuse, je prends la route de bonne heure en espérant ne pas être en retard, mais en souhaitant tout de même ne jamais y arriver.

Aujourd’hui, je passe ma mammographie de contrôle suite à mon cancer du sein. Aujourd’hui, je ne suis qu’une éponge émotionnelle, une boule au ventre me rongeant les entrailles. Vulnérable, je suis une ex-cancéreuse. Cette saloperie de maladie, Petit Crabe, m’a laissé des séquelles physiques et morales. Même si la plupart du temps, j’arrive à vivre avec le plus normalement possible et à continuer mon chemin paisiblement, aujourd’hui, je suis « en mode alerte rouge » (je devrais plutôt écrire rose).

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Débordée de vivre

Indéniablement, mes journées défilent chaque semaine à un rythme infernal sans que je voie le temps passer. Étrangement, mon chéri semble toujours surpris quand je lui mentionne gentiment « je n’ai pas le temps ! ».

Certes, je suis bien tranquillement à la maison, dépourvue de contraintes horaires, sans réelles obligations bien stressantes ou une pression constante de la hiérarchie à gérer sereinement, mais pour autant, je demeure complètement débordée !

Pourtant, je gère au mieux les activités quotidiennes… en déléguant énormément.

Tout d’abord, le lave-vaisselle tourne à plein régime, cependant je dois tout de même ranger les assiettes et autres couverts. Ensuite, le lave-linge coopère dignement avec le sèche-linge, me laissant le soin malgré tout de plier les vêtements et les ramasser dans les penderies respectives. Par contre, je trouve le fer à repasser peu compétent et pour remédier à sa flemmardise, j’ai donc décidé de ne plus l’utiliser et de seulement repasser ce qui semble froissé (appréciation personnelle !).

En ce qui concerne, cette garce de poussière, elle a droit à un bon coup de plumeau une fois par semaine (plus, cette dernière pourrait y prendre sérieusement goût !) Cependant, je passe l’aspirateur tous les jours, car cela équivaut à effectuer un peu de sport et bruler ainsi les calories accumulées par les tablettes de chocolat englouties quotidiennement.

Mon « toc des sanitaires » déploie aussi une frénésie incommensurable à son entretien journalier (j’envisage sensiblement d’entamer une prochaine thérapie pour expliquer cet engouement – le seul et unique – au récurage des WC).

Autrement, je cuisine beaucoup, ce qui implique de perdre énormément de temps et d’énergie dans les rayons de l’enseigne Picard pour déguster de bons petits plats semblants « faits maison », tout en tentant de respecter un régime alimentaire dit « sain ».

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