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Dans la file

Finalement, 2017 sera l’année du check-up médical me concernant. Et comme mon endocrinologue m’aime énormément (il semble que je la fasse rire, elle beaucoup moins lorsqu’elle me dit d’un ton ferme que j’ai passé un âge critique en qualité de femme), lors de ma dernière visite, cette dernière a décidé de me prescrire des analyses sanguines à n’en plus finir, souhaitant ainsi explorer les tribulations de ma santé vacillante.

Me voici donc, un samedi matin, à jeun (en pensant déjà au délicieux pain frais et autres gourmandises que je vais déguster ensuite), à 7h45, en route pour le laboratoire qui n’ouvre qu’à 8 heures. En effet, en arrivant de bonne heure, j’ai toutes les chances de passer la première et d’être ainsi libérée de cette pénible contrainte très rapidement. Ainsi, dans une allégresse totale, je me gare sur le parking… pour découvrir une file d’attente de plus de quinze personnes devant moi ! Cette masse humaine est agglutinée devant des portes toujours closes.

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Adopte un Veuf

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« Lorsqu’on est veuf depuis peu, il est difficile de s’habituer à sa nouvelle vie… C’est le cas d’Hubert Jacquin, qui passe le plus clair de son temps dans son immense appartement à déprimer devant sa télé. Un beau jour, suite à un quiproquo, sa vie va être bouleversée. Manuela, une jeune et pétillante baroudeuse à la recherche d’un logement s’invite chez lui ! D’abord réticent, Hubert va vite s’habituer à la présence de cette tempête d’énergie, qui parvient même à le convaincre de loger deux autres personnes. Entre les errements de Paul-Gérard que sa femme a quitté et les gardes à l’hôpital de Marion la jeune infirmière un peu coincée, la vie en colocation va réserver à Hubert de nombreuses surprises… »

Cette excellente petite comédie, sur un sujet dans l’air du temps (la colocation), est réalisée par François Desagnat (réalisateur de « La Beuze« ). On retrouve ici tout le talent d’André Dussollier, complètement magistral dans son rôle de veuf malheureux et déprimé. La fraicheur tout en spontanéité, ainsi que la joie de vivre, de Bérangère Krief deviennent rapidement contagieuses. Quant à Arnaud Ducret et Julia Piaton, ils sont eux aussi formidables de générosité.

Bref une belle brochette d’acteurs, à la complicité bienveillante, qui égaye énormément ce film plein de légèreté. Malgré un scénario quelque peu prévisible, cette comédie émouvante représente un véritable concentré de bonne humeur et j’avoue avoir beaucoup rigolé de certaines scènes et situations cocasses.

Mélangeant l’humour, la tendresse et la tristesse, cette colocation improbable nous procure beaucoup d’émotions, souvent les larmes effleurent les cils, pourtant le film ne sombre jamais dans le pathos ou une sensiblerie dérangeante.

Un bon divertissement sympathique, simplement humain et tellement optimiste. Une parenthèse attachante d’un instant de bonheur.

La solitude n’est pas de vivre seul, mais d’aimer seul. »

Romain Gary

Seul sur Mars

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« Lors d’une expédition sur Mars, l’astronaute Mark Watney (Matt Damon) est laissé pour mort par ses coéquipiers, une tempête les ayant obligés à décoller en urgence. Mais Mark a survécu et il est désormais seul, sans moyen de repartir, sur une planète hostile. Il va devoir faire appel à son intelligence et son ingéniosité pour tenter de survivre et trouver un moyen de contacter la Terre. A 225 millions de kilomètres, la NASA et des scientifiques du monde entier travaillent sans relâche pour le sauver, pendant que ses coéquipiers tentent d’organiser une mission pour le récupérer au péril de leurs vies. »

Depuis quelques années déjà, un film sur l’espace apparait régulièrement sur nos grands écrans. Cet univers inconnu passionne visiblement de nombreux réalisateurs, notamment, dans le cas présent, Ridley Scott. Indéniablement, ce metteur en scène demeure pertinemment le maître de la science-fiction, et il le prouve via ce périple sur Mars.

Malgré un scénario inventif, mais peu approfondi, l’intrigue reste haletante. Ainsi, le rythme effréné offre au spectateur un véritable attachement au protagoniste. On reste en apnée en attendant l’issue de ce sauvetage tout en savourant, étrangement, de bons instants de rigolade. En effet, Matt Damon (toujours remarquable) interprète brillamment ce solitaire aux idées ingénieuses pour survivre et regorge d’humour à travers des situations hallucinantes.

Cependant, ce long-métrage m’a aussi énormément passionné en raison de ses effets spéciaux (les tempêtes de sable se révèlent oppressantes de réalisme) et la musique qui enveloppe les instants de tension extrême. Sensationnel !

Une belle épopée, véritablement optimiste, explorant judicieusement toutes les ressources nécessaires pour une immersion totale au sein de ce voyage spatial… Un peu plus près des étoiles !

Vivre, c’est passer d’un espace à un autre en essayant le plus possible de ne pas se cogner. »

Georges Perec

Bouteille ensablée

Dès mon plus jeune âge, j’ai passé mon temps à me perdre dans mes rêves afin d’apprivoiser ma solitude. De nombreux déménagements liés à ma situation familiale ne favorisaient pas les rencontres durables et les belles amitiés d’enfance débutées sur les bancs d’école. Ainsi, j’évoluais dans un monde imaginaire (mon univers bien à moi), bercée par mes tendres illusions dont seul le réconfort de mon esprit m’apaisait sereinement.

Cependant, parfois les doutes m’envahissaient de nouveau et je ne pouvais les dompter uniquement avec ma simple volonté de petite fille naïve. Peu à peu, je me suis donc persuadée secrètement qu’ailleurs, un autre enfant, le miroir de mon âme (une sorte de sosie invisible) vivait aussi en totale incertitude et espérait vivement qu’une personne, juste quelqu’un comme moi, pense aussi à lui et partage l’harmonie de ses pensées.

Timidement, j’ai donc décidé de lui écrire à ce double affectueux, cet ami qui m’insufflait tant d’espoir et de joie quand les incertitudes semblaient trop lourdes. Tous les jours, je lui « parlais » sur une page quadrillée, arrachée de mon cahier à larges spirales, je lui glissais mes pensées tout en lui murmurant, par écrit, le même réconfort qu’inconsciemment il m’apportait en échange.

Pour que mes mots lui parviennent concrètement, je me suis persuadée que l’océan, que je voyais au loin de la fenêtre de ma chambre, était certainement le plus noble des messagers pour guider mes lettres vers mon ami (et – douce utopie de l’enfance – la mer étant aussi une source sans fin, elle saurait bien évidemment quel flot favoriserait la bonne réception de mon courrier !)

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