Posts Tagged ‘peur’

À quatre roues

Autant se faire plaisir avec ce précieux blog en abordant un sujet qui me tient à cœur en ce moment… Ainsi, pourrais-je aider les mamans qui hésitent encore à prendre cette décision extrêmement importante : dois-je ou non inscrire mon enfant à l’apprentissage de la conduite accompagnée ? Sujet hautement philosophique qui n’est pas pourtant abordé cette année au  bac !  Alors Pour ou Contre ?

Au départ, la simple idée que mon fils était devenu grand d’un coup (j’ai l’impression d’avoir loupé la transition entre les couches et les soirées festives aux cocktails alcoolisés) pouvant alors éventuellement s’offrir la liberté de conduire, et donc de côtoyer l’imprudence d’autres conducteurs, me donnait des sueurs froides. Puis, tentant de me raisonner, devant l’insistance de mon bébé d’homme, j’ai réussi à me persuader (à grand renfort de respiration profonde pour combattre mon hyperventilation) que dorénavant je devais le laisser guider ses pas vers sa vie de presque adulte.

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Le stress de la mammographie

Eh oui, encore un nouveau suivi obligatoire ! Honnêtement, je devrais être désormais habituée à ce genre d’examen, non douloureux, mais je ressens toujours le même stress opprimant. Indéniablement, je suis quelqu’un de positif, néanmoins à chaque fois, le doute s’empare de mon esprit et je subis ainsi une situation pénible. Bien évidemment, cela m’agace profondément. En réalité, j’ai beau me rassurer et me dire que tout va bien en palpant mon sein contaminé et l’autre également, celui qui est encore sain. À quoi bon se torturer mentalement, se ronger les sangs puisque c’est uniquement un banal contrôle de routine, juste pour me rassurer et savoir, confirmer que je suis guérie, en rémission ?

Cependant, les questions tournent en boucle dans ma tête. J’entends cette petite voix qui me poursuit au réveil, perturbe mon sommeil et chamboule mon cœur : et si « petit crabe » était revenu ? Impossible de ne pas y penser lors de cette visite indispensable. Pourtant, je suis acclimatée, je connais les lieux, le médecin, la fameuse salle d’attente où je m’installe pour patienter un certain temps. En effet, la patience est une des qualités évidentes à posséder pour tout bon malade. Juste pour me rappeler, le sens du mot : PATIENT. Immédiatement, en franchissant la porte, je sais que je deviens un simple numéro, un ancien malade qui restera, qu’importe son devenir, un simple patient fiché dans un dossier. Un patient patiente en attendant son tour, en espérant un avis médical favorable, en souhaitant que ce verdict final ne fasse pas irrémédiablement patienter sa vie.

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Un soir d’Halloween

En principe, il faut toujours tenir les promesses que l’on s’engage à réaliser. Dorénavant, en ce qui me concerne, je vais favoriser le fait de ne plus en faire, ainsi aucun remord ou regret de ne pas les respecter. Depuis hier soir, je sais pertinemment que je devrai me taire (toujours garder dans son esprit que le « silence est d’or et la parole d’argent ».), car un enfant n’oubliera jamais lorsque volontairement, ou plutôt inconsciemment, j’avais proposé dans un élan de bonté (en plein été, loin de cette fin de mois d’octobre) de partir à la quête des bonbons pour Halloween.

Inévitablement prise à mon propre piège, je me suis donc retrouvée avec cinq demoiselles surexcitées à organiser des splendides déguisements afin de faire chavirer les riverains par nos talents de persuasion et remplir alors nos besaces de sucreries. Pour ma part, j’étais sobrement vêtue d’un maquillage de sorcière : chapeau pointu, cheveux filasse, maquillage sombre version charbon, fausses verrues collées sur le visage (astuce appréciable pour dissimuler les vrais boutons) et des citrouilles clignotantes, en plastique, d’un orange vif étincelaient aux lobes de mes oreilles. En me regardant attentivement dans le miroir, j’ai compris combien le poids des ans avait fait son œuvre tellement j’étais ridicule et ressemblais plutôt à une petite vieille isolée loin, très loin, de l’univers cosmétique.

Toutefois, en contemplant, mon équipage, j’arrivais à me persuader que je n’étais pas la plus hideuse du groupe. L’une était vêtue d’un costume de fantôme, l’autre en chauve-souris, les jumelles en araignée et squelette, et la dernière resplendissait de sa blondeur en écarquillant avec charme ses grands yeux bleus. Tendrement, je me suis penchée pour lui demander pourquoi elle n’était pas déguisée comme les copines ? Doucement, d’une voix d’ange, elle m’a rétorqué qu’elle représentait le personnage de la petite fille possédée du film « L’exorciste » ! Charmant ! Pourvu que nous ne croisions pas sur notre route un escalier !

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Le permis de vivre

Comme à chaque fois, je commence à angoisser une semaine avant la date fatidique.

Comme à chaque fois, pour m’occuper l’esprit et me rassurer inconsciemment, je récure la maison de fond en comble (plus je frotte, moins je pense).

Comme à chaque fois, je lave avec énergie, range le linge repassé consciencieusement dans chaque armoire.

Comme à chaque fois, je cuisine avec amour de la ratatouille (met typique de ma région) et du hachis parmentier. Mes hommes ne raffolent pas de ces deux plats, pourtant ce sont les seuls que je sache faire en quantité industrielle pour remplir avec vigueur le congélateur.

Comme à chaque fois, je ne dors pas la nuit précédant mon rendez-vous.

Comme à chaque fois, le matin du jour J, la gorge serrée, j’embrasse passionnément mon fils et mon mari en leur prodiguant mille et une recommandations.

Comme à chaque fois, anxieuse, je prends la route de bonne heure en espérant ne pas être en retard, mais en souhaitant tout de même ne jamais y arriver.

Aujourd’hui, je passe ma mammographie de contrôle suite à mon cancer du sein. Aujourd’hui, je ne suis qu’une éponge émotionnelle, une boule au ventre me rongeant les entrailles. Vulnérable, je suis une ex-cancéreuse. Cette saloperie de maladie, Petit Crabe, m’a laissé des séquelles physiques et morales. Même si la plupart du temps, j’arrive à vivre avec le plus normalement possible et à continuer mon chemin paisiblement, aujourd’hui, je suis « en mode alerte rouge » (je devrais plutôt écrire rose).

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