Posts Tagged ‘maladie’

Bienvenue à l’hôpital

Malgré mon faible entrain pour participer au parcours médical imposé depuis la découverte de ma maladie auto-immune, j’ai la vague impression désagréable que mon cas n’intéresse plus vraiment quelqu’un. Pourtant, j’ai eu le sentiment de franchir vaillamment toutes les embuches infligées, j’ai acquis la politesse permettant de préserver la susceptibilité des différents spécialistes (on ne nomme pas un imminent « Professeur » en qualité de « Docteur », on ne salue pas d’un simple « Docteur »,  un radiologue…), j’ai suivi consciencieusement tous les protocoles imposés et tenter une étroite collaboration avec l’ensemble des blouses blanches.

Pourtant, après divers traitements inefficaces, mon « Docteur spécialiste presque Professeur » m’a superbement jetée. Dehors ! Merci de votre participation active, au revoir et bonne route ! En effet, il ne peut plus rien pour moi, je fais foirer ses statistiques de réussite donc je suis priée de choir dans un autre service… Bref, la patate chaude (moi) sera dorénavant prise en charge par l’hôpital. Transfert de dossier promptement réalisé afin de maintenir la réputation du cabinet privé ! Le cœur lourd, je n’ai pas d’autre choix que celui de me résigner.

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Première fois sur un divan

L’année 2015 se sera terminée, me concernant, avec le fatal diagnostic d’une maladie auto- immune qui entraine certes des répercussions inévitables physiques, mais aussi psychologiques. L’évolution étant trop rapide, 2016 a débuté dans un tourbillon médical entre divers spécialistes et protocoles à respecter.

Dernièrement, me sentant légèrement (totalement) nerveuse et stressée, mon médecin traitant a décidé de me prescrire un traitement « relaxant » et m’a dirigée vers un psy. Il faut dire que lorsqu’il rédigeait machinalement l’ordonnance, je lui ai demandé sur un ton ironique s’il aurait l’obligeance de me prescrire un peu de drogue euphorisante afin de me sentir mieux. Hélas, mon praticien adoré représente un mec ultra cool et très tolérant, mais comprend chaque mot au premier degré, l’humour noir n’étant pas sa spécialisation. Inévitablement, ma plaisanterie douteuse a donc sombré lamentablement dans un puits sans fond et j’ai senti, à son regard étonné, qu’il était urgent que je consulte un pro de la tête avant que le stress ne nuise totalement à ma santé déjà précaire.

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À tous les seins d’Octobre rose…

Voilà, nous sommes déjà en octobre et c’est donc le moment de ce désormais célèbre Octobre rose pour sa 21e année,  le mois où l’on parle le plus du cancer du sein, le mois où je dois faire ma mammographie de contrôle, le mois où cette angoisse me vrille le corps et le souvenir de « Petit crabe » enserre douloureusement mon cœur, le mois durant lequel je passe inconsciemment, mais tellement machinalement mon doigt sur les cicatrices de mon sein…

J’ai le sentiment que l’automne rime avec l’effeuillage de mon être : je me mets à nue pour connaitre la sentence médicale, mon cerveau reste en éveil prêt à canaliser une mauvaise nouvelle, une petite crampe perpétuelle au creux du ventre me crispe durant cette attente d’octobre… Ensuite, si tout va bien, je referai peau neuve.

Ce moment se révèle terriblement stressant et me rappelle que je suis encore sous surveillance médicale. Finalement, je suis tellement habituée à vivre avec ou sans « Petit crabe » que j’oublie (trop souvent ?) que je suis en rémission seulement. Pourtant, je me sens tellement vivante aujourd’hui. Depuis la fin de mon lourd traitement, je vais de l’avant et l’écriture comble merveilleusement mes journées et mes attentes.

Tout le monde va parler du cancer du sein pendant essentiellement un mois. Les médias vont relayer cet Octobre Rose pour interpeller la population. Certains vont même porter le fameux ruban rose. Évidemment, j’en suis sincèrement heureuse, car cela permet de sensibiliser les gens sur ce sujet délicat.

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Hippocrate

hippocrate

« Benjamin va devenir un grand médecin, il en est certain. Mais pour son premier stage d’interne dans le service de son père, rien ne se passe comme prévu. La pratique se révèle plus rude que la théorie. La responsabilité est écrasante, son père est aux abonnés absents et son co-interne, Abdel, est un médecin étranger plus expérimenté que lui. Benjamin va se confronter brutalement à ses limites, à ses peurs, celles de ses patients, des familles, des médecins, et du personnel. Son initiation commence. »

Ce film plonge directement le spectateur en immersion dans le monde médical et l’univers aseptisé de l’hôpital. La bande-annonce révélait principalement des anecdotes comiques et laissait penser à une comédie, même dramatique. Il n’en est rien. Le réalisateur, Thomas Lilti, médecin de formation s’est librement inspiré de ses années d’internat pour projeter avec justesse cette vision réaliste, entre documentaire et romance.

Les séries « Urgences » et « Dr House » (dont je suis fan) semblent vraiment réjouissantes et légères face à ce film qui montre une triste authenticité du monde médical. Après avoir vu ce long métrage, je ne suis pas convaincue de pouvoir retourner sereinement dans un hôpital, et encore moins certaine que beaucoup soient alors inspirés par une vocation prochaine en qualité de médecin.

Beau film dans lequel les comédiens sont excellents et terriblement investis (Vincent Lacoste, Reda Kateb, Jacques Gamblin…) qui soulève, avec une lucidité déroutante, de nombreuses réflexions humaines.

Un cocktail intense de bouleversements devant une telle réalité sociale, mais aussi un cri alarmant face à la situation actuelle de notre médecine (gestion de l’hôpital, restrictions budgétaires, conditions de travail, fin de vie du malade…).

Impossible d’en sortir indemne émotionnellement. À éviter aux hypocondriaques !

L’homme doit harmoniser l’esprit et le corps. »

Hippocrate

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