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Le stress de la mammographie

Eh oui, encore un nouveau suivi obligatoire ! Honnêtement, je devrais être désormais habituée à ce genre d’examen, non douloureux, mais je ressens toujours le même stress opprimant. Indéniablement, je suis quelqu’un de positif, néanmoins à chaque fois, le doute s’empare de mon esprit et je subis ainsi une situation pénible. Bien évidemment, cela m’agace profondément. En réalité, j’ai beau me rassurer et me dire que tout va bien en palpant mon sein contaminé et l’autre également, celui qui est encore sain. À quoi bon se torturer mentalement, se ronger les sangs puisque c’est uniquement un banal contrôle de routine, juste pour me rassurer et savoir, confirmer que je suis guérie, en rémission ?

Cependant, les questions tournent en boucle dans ma tête. J’entends cette petite voix qui me poursuit au réveil, perturbe mon sommeil et chamboule mon cœur : et si « petit crabe » était revenu ? Impossible de ne pas y penser lors de cette visite indispensable. Pourtant, je suis acclimatée, je connais les lieux, le médecin, la fameuse salle d’attente où je m’installe pour patienter un certain temps. En effet, la patience est une des qualités évidentes à posséder pour tout bon malade. Juste pour me rappeler, le sens du mot : PATIENT. Immédiatement, en franchissant la porte, je sais que je deviens un simple numéro, un ancien malade qui restera, qu’importe son devenir, un simple patient fiché dans un dossier. Un patient patiente en attendant son tour, en espérant un avis médical favorable, en souhaitant que ce verdict final ne fasse pas irrémédiablement patienter sa vie.

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Room

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« Jack, 5 ans, vit seul avec sa mère, Ma. Elle lui apprend à jouer, à rire et à comprendre le monde qui l’entoure. Un monde qui commence et s’arrête aux murs de leur chambre, où ils sont retenus prisonniers, le seul endroit que Jack ait jamais connu. L’amour de Ma pour Jack la pousse à tout risquer pour offrir à son fils une chance de s’échapper et de découvrir l’extérieur, une aventure à laquelle il n’était pas préparé. »

Inspiré du roman éponyme d’Emma Donoghue, traitant d’un célèbre fait divers macabre autrichien, ce film de Lenny Abrahamson dévoile un véritable thriller psychologique, se déroulant en deux phases. Dans cette histoire malsaine, poignante et pourtant terriblement touchante, seul l’amour transparait continuellement en fil conducteur, tant ce huis clos physique et intellectuel est oppressant, déroutant.

L’actrice phénoménale Brie Larson (récompensée notamment d’un Oscar, largement mérité, pour sa bouleversante prestation) est tout simplement époustouflante de justesse, émouvante en maman-courage, tentant de survivre constamment pour l’unique amour inconditionnel de son fils. Ce dernier, le jeune et adorable Jacob Tremblay excelle en enfant candide et spectateur de cette vie qui l’entoure, cette prison qui ne lui semble pas exister… Lui aussi méritait amplement une statuette tant sa performance est spectaculaire ! En effet, on plonge inévitablement dans son regard subjuguant, ses grands yeux vibrants d’émotion, de fascination et d’effroi.

Dans la première partie, le spectateur comprend peu à peu la situation tragique, espère avec cette maman et son enfant, lutte avec eux dans cet instinct de survie, protecteur et sauvage, puis garde espoir en leur évasion… Dans la seconde, le constat est différent. Certes, cette découverte de monde extérieur, l’exploration de simples petits plaisirs inconnus durant leur détention, les retrouvailles familiales offrent un véritable cocon de douceur en expérimentant une nouvelle adaptation. Cependant, même si une liberté physique est la racine d’une future renaissance, la reconstruction morale ne reste jamais acquise face à ce genre de traumatisme.

Un film original, touchant, sensible et poétique dans sa perspective humaine. À découvrir absolument !

La liberté est le fruit de l’intelligence et de l’amour. »

Félicité Robert de Lamennais

Bienvenue à l’hôpital

Malgré mon faible entrain pour participer au parcours médical imposé depuis la découverte de ma maladie auto-immune, j’ai la vague impression désagréable que mon cas n’intéresse plus vraiment quelqu’un. Pourtant, j’ai eu le sentiment de franchir vaillamment toutes les embuches infligées, j’ai acquis la politesse permettant de préserver la susceptibilité des différents spécialistes (on ne nomme pas un imminent « Professeur » en qualité de « Docteur », on ne salue pas d’un simple « Docteur »,  un radiologue…), j’ai suivi consciencieusement tous les protocoles imposés et tenter une étroite collaboration avec l’ensemble des blouses blanches.

Pourtant, après divers traitements inefficaces, mon « Docteur spécialiste presque Professeur » m’a superbement jetée. Dehors ! Merci de votre participation active, au revoir et bonne route ! En effet, il ne peut plus rien pour moi, je fais foirer ses statistiques de réussite donc je suis priée de choir dans un autre service… Bref, la patate chaude (moi) sera dorénavant prise en charge par l’hôpital. Transfert de dossier promptement réalisé afin de maintenir la réputation du cabinet privé ! Le cœur lourd, je n’ai pas d’autre choix que celui de me résigner.

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The Revenant

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« Dans une Amérique profondément sauvage, Hugh Glass, un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Seul, armé de sa volonté et porté par l’amour qu’il voue à sa femme et à leur fils, Glass entreprend un voyage de plus de 300 km dans un environnement hostile, sur la piste de l’homme qui l’a trahi. Sa soif de vengeance va se transformer en une lutte héroïque pour braver tous les obstacles, revenir chez lui et trouver la rédemption. »

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu (« Babel », « Birdman ») emprisonne le spectateur durant la durée totale de son film. Directement happé par l’histoire vraie de survie phénoménale d’une légende de trappeurs, ce récit tord l’estomac et bouleverse le cœur inévitablement.

Le duo d’acteurs Leonardo DiCaprio et Tom Hardy se révèle remarquable. En effet, ce dernier, loin de ses précédents rôles, incarne parfaitement le rôle du parfait méchant, manipulateur et fourbe dont le cynisme habite chaque trait de son personnage. La performance la plus spectaculaire est évidemment décernée à l’immense DiCaprio méconnaissable physiquement et saisissant de justesse. Même s’il reste quasiment muet, Leonardo incarne en profondeur et dans un total réalisme cet homme, ce taiseux laissé pour mort, qui va se battre pour lui et envers les autres. Sa moindre respiration tient en haleine et permet alors au public de sortir de son apnée émotionnelle. De plus, ce film qu’il a qualifié du « plus difficile de sa carrière » a permis à Leonardo DiCaprio d’obtenir enfin l’Oscar du meilleur acteur… Largement mérité !

La beauté des paysages, l’étendue de ces grands espaces indomptables et l’appréciation de chaque parcelle de cet environnement naturel demeurent somptueuses. Ce long-métrage présente le récit majestueux d’une nature sauvage dont les images époustouflantes donnent une réelle dimension à cette tragédie humaine et individualiste.

Entre instinct de survie, rage débordante et raisonnement, voici un chef-d’œuvre du cinéma qui sait conjuguer le rêve, l’espoir, mais aussi la peur primitive de l’instant.

Totalement unique, violent et renversant !

De nos jours on peut survivre à tout, excepté à la mort. »

Oscar Wilde

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