Posts Tagged ‘comédie’

Victoria

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« Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.»

Enfin une comédie française romantique, délicieusement innovante. À la fois rythmé et touchant, ce film d’auteur, réalisé par Justine Triet, regorge de rebondissements inventifs et burlesques. De plus, l’écoute des dialogues, souvent perspicaces dans une morosité ambiante, demeure savoureuse grâce au rythme des diverses situations loufoques.

Dans ce portrait de femme, Virginie Efira interprète magnifiquement, et tout en subtilité, le rôle de son personnage moderne, une originale plutôt paumée, sexy et très drôle jonglant entre son devoir de mère de famille divorcée et son métier. Ainsi, son nouveau statut de comique lui confère une étoile supplémentaire à son talent de comédienne, tant elle se révèle formidable dans sa prestation. Totalement délirante et excentrique, elle sublime parfaitement le spectacle. Les autres acteurs, notamment Vincent Lacoste et Melvil Poupaud, se révèlent excellents eux aussi, équilibrant alors parfaitement un scénario pertinent.

Certes, parfois cela reste un peu trop cocasse, mais cette jolie histoire d’amour, parfois dramatique, nous comble d’un beau sourire, même après le générique de fin. Le signe d’un succès ?

Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant. »

Kundera Milan

Elvis & Nixon

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« En 1970, Elvis Presley se rend à Washington dans le but de convaincre le président Nixon de le nommer agent fédéral. Se présentant à l’improviste à la Maison Blanche, la rock-star réussit à faire remettre une lettre en mains propres au président pour solliciter un rendez-vous secret. Conseillers de Nixon, Egil « Bud » Krogh et Dwight Chapin expliquent à leur patron qu’une rencontre avec Elvis au cours d’une année électorale peut améliorer son image. Mais Nixon n’est pas d’humeur à donner satisfaction à l’artiste. C’est sans compter sur la détermination d’Elvis ! Il propose un « contrat » à Krogh et Chapin : il signera un autographe pour la fille de Nixon en échange d’un tête-à-tête avec le président. À la très grande surprise de Nixon et de ses conseillers, l’homme politique et le chanteur se découvrent des affinités. À commencer par leur mépris affiché pour la contreculture… »

Elvis représente le premier artiste que j’ai admiré et que j’admire toujours. Lorsque j’étais enfant, beaucoup écoutaient Dorothée ou Chantal Goya (une époque sans doute lointaine pour certains nettement encore trop jeunes !) mais dès mes six ans, j’ai été submergée par l’homme et le personnage charismatique que représentait Elvis. The King : un mythe toujours unique et irremplaçable !

Le film de Liza Johnson retrace une rencontre totalement improbable entre l’icône Elvis et le président Nixon. Deux personnages énigmatiques que tout oppose et dont la finalité de cette entrevue, dans le fameux bureau ovale, ne pouvait être imaginée.

Certes, au premier abord, le spectateur (encore plus s’il est fan) ne pourra qu’être dérouté par le choix de Michael Shannon pour incarner Elvis. En effet, il ne lui ressemble nullement physiquement et pourtant l’acteur réussit parfaitement à retranscrire la personnalité du chanteur, l’aura qui émanait de lui. Quant à l’excellent Kevin Spacey, il demeure impérial dans le rôle de Nixon, président tant détesté, en détournant à souhait les subtilités de son personnage.

Qu’importe si la réalité de ce rendez-vous est véritablement retranscrite, cela demeure un moment absolument incroyable dans son déroulement tant cette histoire véridique semble rocambolesque entre ces célébrités improbables. Ce duo, particulièrement réussi, porte totalement le film sur ses épaules et permet d’offrir une réelle comédie vraiment drôle, légèrement loufoque.

Une rencontre de haute voltige entre ces deux symboles de l’Amérique, qui allie de l’humour piquant et un jeu subtil entre les ego des protagonistes.

Je ne veux pas manquer le paradis à cause d’un détail technique. »

Elvis Presley

Les Visiteurs 3 : La Révolution

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« Bloqués dans les couloirs du temps, Godefroy de Montmirail et son fidèle serviteur Jacquouille sont projetés dans une époque de profonds bouleversements politiques et sociaux : la Révolution Française… Plus précisément, la Terreur, période de grands dangers pendant laquelle les descendants de Jacquouille La Fripouille, révolutionnaires convaincus, confisquent le château et tous les biens des descendants de Godefroy de Montmirail, aristocrates arrogants en fuite dont la vie ne tient qu’à un fil. »

Toujours aussi fan du premier film extraordinaire de cette trilogie (et oubliant volontairement son prédécesseur assez catastrophique) nous partions nostalgiques et impatients, mais d’un pas décidé, remplis d’espoir de rires pour visionner la dernière réalisation tant attendue de Jean-Marie Poiré.

Cette fois-ci, le duo mythique, toujours redoutable, Jean Réno et Christian Clavier s’entourent d’une nouvelle brochette de stars avec Karin Viard, Franck Dubosc, Sylvie Testud et Alex Lutz. La tendre complicité entre les acteurs transparait à l’écran et tous prennent énormément de plaisir dans cette comédie populaire. De plus, les décors, vraiment magnifiques, rivalisent avec les costumes somptueux. Une réelle recherche vestimentaire a été effectuée et ce soin artistique, mais aussi historique, habite vraiment le film.

Même si le scénario est bien enlevé, proposant une agréable transition entre les époques, l’humour reste tout de même absent durant de longs moments et les gags se révèlent principalement gras, légèrement réchauffés. Seules quelques répliques, prochainement cultes dans les cours de récré, permettent de sourire timidement.

Sans préjugé, à vous de vous faire votre propre avis sur cette comédie… Okayyyy ?

On passe notre temps à aimer des souvenirs qui, eux, nous oublient. »

David Foenkinos

Arrête ton cinéma !

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« C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale. Mais, du choix improbable des actrices, aux réécritures successives du scénario, en passant par les refus des financiers, le rêve merveilleux va se transformer en cauchemar. Incorrigible optimiste, Sybille réalisera trop tard que ses productrices fantasques et totalement déjantées vont l’entraîner dans leur folie… »

Voici un joli film sans prétention réalisé par la formidable Diane Kurys qui nous avait enchantés à l’époque avec le délicieux « Diabolo Menthe ». Celui-ci est tiré du roman de Sylvie Testud, « C’est le métier qui rentre », inspiré de sa propre vie. D’ailleurs, cette dernière y joue admirablement bien, avec une rare justesse, son propre rôle d’actrice. C’est donc l’histoire farfelue d’un film inachevé…

Le casting révèle de nombreuses facettes de certains protagonistes : Fred Testot s’affirme de plus en plus en tant qu’excellent comédien, le duo des deux sœurs, en productrices « foldingues », composé par Josiane Balasko et Zabou Breitman est tout bonnement irrésistible et leur douce folie contagieuse.  De plus, les seconds rôles : Claire Keim, Virginie Hocq, Hélène de Fougerolles et Florence Thomassin sont parfaits.

Ainsi, ce film corrosif nous donne un petit aperçu du monde du cinéma, même si parfois il flirte trop avec une ambiance de téléfilm. Les coulisses de cet univers impitoyable demeurent vraiment intéressantes à observer entre caprices de stars, manipulation des producteurs, hypocrisie vénale… L’histoire d’un rêve qui peut se transformer en cauchemar pour le réalisateur qui n’espérait que la réussite de son scénario.

Difficile de ne pas sombrer parfois dans la caricature outrancière, inévitablement cela engendre alors une perte d’intérêt de crédibilité, cependant certaines scènes magistrales redonnent immédiatement une dose de bonne humeur, tant l’autodérision reste palpable.

Allez-y ! Vous allez rire et passer un bon moment, sans prise de tête, juste pour vous divertir.

C’est du vent le cinéma, de l’illusion, des bulles, du bidon. »

Jean Gabin

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