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Au nom de ma fille

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« Un jour de juillet 1982, André Bamberski apprend la mort de sa fille Kalinka. Elle avait 14 ans et passait ses vacances en Allemagne auprès de sa mère et de son beau-père le docteur Krombach. Rapidement, les circonstances de sa mort paraissent suspectes. L’attitude de Dieter Krombach ainsi qu’une autopsie troublante laissent beaucoup de questions sans réponse. Très vite convaincu de la culpabilité de Krombach, André Bamberski se lance dans un combat pour le confondre. Un combat de 27 ans qui deviendra l’unique obsession de sa vie… »

Dans ce film poignant, inspiré du livre « Pour que justice te soit rendue » d’André Bamberski, le réalisateur Vincent Garenq retranscrit une tragique affaire criminelle abominable, en associant le passé et le présent, pour finalement se concentrer particulièrement, avec une réelle minutie et pudeur, aux faits avérés.

Daniel Auteuil exprime l’étendue de son immense talent d’acteur grâce à son interprétation puissante et dramatique de ce rôle de père anéanti, dont l’unique but est de survivre afin de faire éclater la vérité, en mémoire de sa fille assassinée. Entre vengeance obsessionnelle et folie destructrice, son obstination demeure le seul combat qui l’anime encore pour poursuive un très long parcours judiciaire afin que Kalinka, son enfant, ne soit pas oubliée comme un simple fait divers.

La mise en scène sobre et minimaliste offre une analyse profonde sur la complexité de la justice française, les lenteurs, lacunes administratives et principalement les erreurs humaines, sans jamais tomber dans une émotion envahissante ou un sentimentalisme larmoyant.

Ce récit ne peut laisser indifférent, tant cette affaire horrible, aux rebondissements scandaleux, empoigne avec force l’intérêt du spectateur. Cela peut ressembler à un simple feuilleton dramatique, puis on se souvient de la véracité de l’histoire et on salue alors, avec admiration, le courage exemplaire de ce papa qui ne se résignera jamais à la renonciation.

On ne sépare point un père de son enfant. »

Victor Hugo

Au cœur de l’Océan

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« Hiver 1820. Le baleinier Essex quitte la Nouvelle-Angleterre et met le cap sur le Pacifique. Il est alors attaqué par une baleine gigantesque qui provoque le naufrage de l’embarcation. À bord, le capitaine George Pollard, inexpérimenté, et son second plus aguerri, Owen Chase, tentent de maîtriser la situation. Mais face aux éléments déchaînés et à la faim, les hommes se laissent gagner par la panique et le désespoir… »

Pour moi, il est carrément impossible de rater un film de Ron Howard, tant j’apprécie la vision de ce réalisateur sur le récit d’une histoire et ses talents incontestables de narration.

Ce film est basé sur la vie du baleinier Essex, dont les faits inspireront Herman Melville pour son roman « Moby Dick ». Dans cette adaptation cinématographique incroyable, les effets spéciaux se révèlent magnifiques, en effet les images en mer provoquent une véritable immersion au plus près des cachalots. Indéniablement, le spectateur est directement harponné par cette relecture atypique du livre tant le rendu visuel, magnifié par une captivante bande-son, permet de voguer avec ces âmes désespérées.

L’excellent casting, de Brendan Gleeson à Ben Wishaw, ne permet toutefois pas de s’attacher particulièrement aux protagonistes. Seul l’acteur australien Chris Hemsworth (méconnaissable tant il a perdu tous ses muscles de « Thor » ) exprime une sincère conviction, l’intense expression de son regard bleu acier suffit à imposer son talent.

Ce blockbuster spectaculaire offre une réelle vision sur la nature humaine, dévoilant certains aspects les plus sombres tels que la cupidité, la lâcheté, la méchanceté, mais aussi le courage. Le sens du devoir et du sacrifice sont largement exploités parmi les survivants jusqu’au basculement dans l’horreur… La propre survie de chacun sera analysée, jouée à la courte paille, l’humanité se fissure alors dans des abimes morbides.

Un film à grand spectacle dans lequel l’émotion est savamment dosée, avec un suspense haletant.

Vous n’admirerez plus jamais la mer avec le même regard !

Il faut toujours semer derrière soi un prétexte pour revenir, quand on part. »

Allessandro Baricco

Nous Trois ou Rien

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« D’un petit village du sud de l’Iran aux cités parisiennes, Kheiron nous raconte le destin hors du commun de ses parents Hibat et Fereshteh, éternels optimistes, dans une comédie aux airs de conte universel qui évoque l’amour familial, le don de soi et surtout l’idéal d’un vivre-ensemble. »

Souvent on guide nos pas vers les salles obscures pour passer le temps, se vider la tête, fantasmer sur une célébrité ou simplement savourer les fameux pop corn… Avec ce film magistral, il ne s’agit pas de combler un piètre trou dans un planning, il faut absolument trouver un instant dans le quotidien pour courir le voir.

Le scénario regorge de richesse et d’originalité en racontant l’histoire vraie du papa du réalisateur Kheiron, qui signe ici son premier film. Son témoignage précis rend un véritable hommage à cet homme extraordinaire. Une authentique preuve d’amour entremêlant à la fois tristesse, joie, humour et horreur.

Cette vie portée sur grand écran m’a complètement bouleversée. Les acteurs sont extraordinaires : Gérard Darmon et Zabou Breitman, les parents, jouent avec brio la corde sensible bercée d’une douceur apaisante, sans jamais succomber aux clichés tandis que Leïla Bekhti exprime l’étendue de son immense talent dans ce rôle poignant, incontestablement le plus remarquable de sa carrière.

Le spectateur subjugué arriverait presque à en oublier que ce périple d’une existence a réellement été vécu tant ce film, débordant d’amour, représente un conte de Noël en raison de son optimiste, sa tolérance et son humilité profonde dans l’apprentissage du vivre ensemble. Une magnifique leçon de vie, porteuse d’un message d’espoir, sur l’intégration des immigrés, sujet actuellement hautement sensible et à polémique médiatique.

Certainement l’une des plus belles comédies dramatiques de cette fin d’année. Une pépite cinématographique rare ! À voir impérativement.

La famille, c’est l’amour sans regrets et sans amertume. »

Ninon de Lenclos

American Sniper

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«Tireur d’élite des Navy SEAL, Chris Kyle est envoyé en Irak dans un seul but : protéger ses camarades. Sa précision chirurgicale sauve d’innombrables vies humaines sur le champ de bataille et, tandis que les récits de ses exploits se multiplient, il décroche le surnom de « La Légende ». Cependant, sa réputation se propage au-delà des lignes ennemies, si bien que sa tête est mise à prix et qu’il devient une cible privilégiée des insurgés. Malgré le danger, et l’angoisse dans laquelle vit sa famille, Chris participe à quatre batailles décisives parmi les plus terribles de la guerre en Irak, s’imposant ainsi comme l’incarnation vivante de la devise des SEAL : « Pas de quartier ! » Mais en rentrant au pays, Chris prend conscience qu’il ne parvient pas à retrouver une vie normale.»

Le nouveau film de Clint Eastwood, en qualité de réalisateur, est enfin sorti en salles et bien avant sa projection au cinéma, la polémique enflait déjà.

Certes, chacun a sa propre opinion concernant la guerre en Irak, toutefois le spectateur pour apprécier toute la psychologie de ce long-métrage devra, auparavant, se débarrasser littéralement de ses préjugés afin d’être objectif et apte au débat (sans doute conflictuel) que suscite ce film. Difficile pourtant de rester neutre face à un tel sujet : glorifier en héros ce tireur d’élite « légendaire » ou le décrier en simple tueur sanguinaire, responsable de 160 morts ? That is the question !

Cette adaptation impressionnante du livre de Chris Kyle « American Sniper : l’autobiographie du sniper le plus redoutable de l’histoire militaire américaine » se révèle intense. Un rythme soutenu, des images percutantes, parfois provocantes, une tension palpable. La réalisation et la mise en scène sont impeccables avec un Bradley Cooper méconnaissable, virulent, totalement habité par le personnage. Une brillante performance d’acteur !

Cependant, ce film, diablement controversé, représente principalement une ouverture sur la déshumanisation des hommes, ces soldats confrontés à la guerre et dépourvus de sensibilité dans leurs combats, hantés par des traumatismes psychologiques irrémédiables (dont le stress post-traumatique) lors du retour dans une vie réelle et paisible.

Clint Eastwood, cinéaste magicien, toujours autant contestataire et indéniablement rusé, arrive encore une fois à nous provoquer une profonde réflexion, aux questions tortueuses et aux réponses encore plus ambigües.

Regrettable cependant de ne pas creuser plus la discussion idéologique sur la manière de combattre le terrorisme et approfondir le sujet concernant l’avenir des soldats revenants avec leurs séquelles incommensurables nécessitant un suivi médical indispensable pour combler, apaiser, espérer guérir les chocs psychiques et autres dégâts émotionnels liés à la guerre et aux choix imposés. Comment reprendre une existence sereine après l’horreur absolue ?

Poignant, émouvant, dérangeant, parfois exagérément patriotique : les défauts restent les qualités de ce film.

À la guerre, on tue non pour tuer, mais pour ne pas être tué.”

Henri Brialmont

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