Posts Tagged ‘angoisse’

La Fille du Train

296548_jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxx

« Rachel prend tous les jours le même train et passe tous les jours devant la même maison. Dévastée par son divorce, elle fantasme sur le couple qui y vit et leur imagine une vie parfaite… jusqu’au jour où elle est le témoin d’un événement extrêmement choquant et se retrouve malgré elle étroitement mêlée à un angoissant mystère. »

Malgré un rythme souvent trop lent selon moi, et un dénouement vraiment déroutant, ce thriller réalisé par Tate Taylor offre un suspense haletant qui se révèle captivant, lorsque le spectateur parvient enfin à s’imprégner de l’histoire. En effet, pour apprécier pleinement ce récit angoissant, il faut préalablement démêler un puzzle géant d’intrigues confuses, souvent inutiles, qui favorisent alors un sentiment d’incompréhension, au pire d’ennui.

Même si les autres acteurs jouent remarquablement grâce à un casting féminin impeccable, l’actrice formidable, Emily Blunt incarne à elle seule le film tant son interprétation de femme alcoolique, anéantie par la vie, jongle entre divers états. À la fois, émouvante, hystérique et inquiétante, elle provoque un véritable chamboulement de questions face à ce semblant de folie qui la submerge.

À réserver donc aux amateurs d’ambiance paranoïaque condensée en moins de deux heures, sinon la lecture du remarquable best-seller, au charme machiavélique, de Paula Hawkins (dont ce film est l’adaptation) vous réjouira certainement plus.

 La fleur de l’illusion produit le fruit de la réalité. »

Paul Claudel

Elle

elle

« Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer. »

« Elle » est l’adaptation du livre « Oh… » écrit par l’intemporel Philippe Djian.

Comme souvent le réalisateur Paul Verhoeven s’amuse ici à la provocation, bouleverse la moralité bien-pensante avec ce thriller psychologique, qui devrait déranger une certaine partie du public tant le vice entre les personnages est haletant.

Avec une mise en scène soignée et rigoureuse, le rythme de cette descente aux enfers monte crescendo. Les protagonistes (Laurent Lafite, Virginie Efira, Charles Berling, et Anne Consigny) sont tous particulièrement étonnants de justesse, parfois inquiétants et souvent troublants, mais bien évidemment on succombe rapidement à LA femme de ce long-métrage : l’unique Isabelle Huppert.

L’actrice est tout simplement époustouflante dans son rôle de femme machiavélique aux multiples facettes. À la fois perverse et ambigüe, jonglant entre les souvenirs de l’enfance et ses propres pulsions, son talent d’interprétation explose face à la cruauté des situations. Somptueuse et impériale, elle est définitivement cette « Elle ».

Entre noirceur, suspense saisissant et humour corrosif, ce film, totalement amoral,  véritablement jubilatoire, au délicieux goût de scandale, réveille nos sens. Monsieur Verhoeven signe ainsi un retour magistral !

La crainte suit le crime, et c’est son châtiment. »

Voltaire

Intimité dévoilée

Comme à chaque fois (hélas), je commence à y penser quand je prends mon rendez-vous annuel… puis j’oublie puisque la séance de torture psychologique ne sera prévue alors que dans six longs mois. Certaines femmes sont angoissées à l’idée de prendre un gramme, de parler en public, de voyager seule (liste non exhaustive) mais personnellement ce qui me fait flipper, celle qui me vrille l’estomac : ma gynéco !

Pourtant je l’adore, car pour en avoir testé énormément, j’ai enfin trouvé la perle rare tant elle est douce, compréhensive et gentille. La crème des gynécos, toutefois je déteste la voir ! Enfin, j’apprécie énormément de papoter avec elle dans son cabinet complètement habillée, toutefois complètement nue, je ne suis plus qu’une boule d’angoisse. Ma pudeur, sans doute excessive (même si j’ai tenté avec un de mes amoureux le camping naturiste pour finir expulsée du lieu-dit au bout de 24 heures) ne se raisonne nullement à l’idée, qu’en qualité de médecin du vagin, elle est habituée à reluquer de la chair fraiche (ou pas) sans emballage.

Bref, ce matin-là après avoir méticuleusement récuré la moindre parcelle de mon anatomie, couper mes ongles de pieds (c’est ce qu’elle a dans la tête pendant l’examen, autant être aussi pointilleuse sur ce sujet), arracher à la pince à épiler le moindre poil perturbant puis hydrater intégralement mon corps, me voici installée dans la salle d’attente impersonnelle. Lorsqu’elle vient me chercher, avec un grand sourire rassurant, j’y vais presque de bon cœur, car je sais que nous allons parler librement de nombreux sujets et verbalement je n’ai aucun tabou. Sauf que là, aujourd’hui, il y a assis, près de son bureau, un truc tout grand, tout mince, légèrement boutonneux, complètement imberbe, qui joue machinalement avec sa branche de lunettes : un mec avec une blouse blanche sur laquelle est inscrit « étudiant ».

(suite…)

Le permis de vivre

Comme à chaque fois, je commence à angoisser une semaine avant la date fatidique.

Comme à chaque fois, pour m’occuper l’esprit et me rassurer inconsciemment, je récure la maison de fond en comble (plus je frotte, moins je pense).

Comme à chaque fois, je lave avec énergie, range le linge repassé consciencieusement dans chaque armoire.

Comme à chaque fois, je cuisine avec amour de la ratatouille (met typique de ma région) et du hachis parmentier. Mes hommes ne raffolent pas de ces deux plats, pourtant ce sont les seuls que je sache faire en quantité industrielle pour remplir avec vigueur le congélateur.

Comme à chaque fois, je ne dors pas la nuit précédant mon rendez-vous.

Comme à chaque fois, le matin du jour J, la gorge serrée, j’embrasse passionnément mon fils et mon mari en leur prodiguant mille et une recommandations.

Comme à chaque fois, anxieuse, je prends la route de bonne heure en espérant ne pas être en retard, mais en souhaitant tout de même ne jamais y arriver.

Aujourd’hui, je passe ma mammographie de contrôle suite à mon cancer du sein. Aujourd’hui, je ne suis qu’une éponge émotionnelle, une boule au ventre me rongeant les entrailles. Vulnérable, je suis une ex-cancéreuse. Cette saloperie de maladie, Petit Crabe, m’a laissé des séquelles physiques et morales. Même si la plupart du temps, j’arrive à vivre avec le plus normalement possible et à continuer mon chemin paisiblement, aujourd’hui, je suis « en mode alerte rouge » (je devrais plutôt écrire rose).

(suite…)

1 2