Posts Tagged ‘amitié’

Bouteille ensablée

Dès mon plus jeune âge, j’ai passé mon temps à me perdre dans mes rêves afin d’apprivoiser ma solitude. De nombreux déménagements liés à ma situation familiale ne favorisaient pas les rencontres durables et les belles amitiés d’enfance débutées sur les bancs d’école. Ainsi, j’évoluais dans un monde imaginaire (mon univers bien à moi), bercée par mes tendres illusions dont seul le réconfort de mon esprit m’apaisait sereinement.

Cependant, parfois les doutes m’envahissaient de nouveau et je ne pouvais les dompter uniquement avec ma simple volonté de petite fille naïve. Peu à peu, je me suis donc persuadée secrètement qu’ailleurs, un autre enfant, le miroir de mon âme (une sorte de sosie invisible) vivait aussi en totale incertitude et espérait vivement qu’une personne, juste quelqu’un comme moi, pense aussi à lui et partage l’harmonie de ses pensées.

Timidement, j’ai donc décidé de lui écrire à ce double affectueux, cet ami qui m’insufflait tant d’espoir et de joie quand les incertitudes semblaient trop lourdes. Tous les jours, je lui « parlais » sur une page quadrillée, arrachée de mon cahier à larges spirales, je lui glissais mes pensées tout en lui murmurant, par écrit, le même réconfort qu’inconsciemment il m’apportait en échange.

Pour que mes mots lui parviennent concrètement, je me suis persuadée que l’océan, que je voyais au loin de la fenêtre de ma chambre, était certainement le plus noble des messagers pour guider mes lettres vers mon ami (et – douce utopie de l’enfance – la mer étant aussi une source sans fin, elle saurait bien évidemment quel flot favoriserait la bonne réception de mon courrier !)

(suite…)

Toutes les vérités…

Lorsque mon amie est arrivée, j’ai immédiatement constaté qu’il se passait quelque chose de suspect. En effet, ses yeux rougis brillaient anormalement, son chignon libérait quelques mèches folles,  sa lèvre inférieure tremblait légèrement… et ses mains étaient désespérément vides !

Pourtant, celle-ci devait apporter le dessert pour notre « soirée filles ». Chaque mois, pour cet évènement typiquement féminin, nous nous répartissons les rôles scrupuleusement. À mon tour, aujourd’hui, d’être chargée de l’organisation de la soirée, Sophie s’occupait du buffet, Catherine prévoyait les animations et Mélanie proposait de composer de charmants cocktails lors d’un apéritif festif.

« Et les gâteaux ? Ils sont où ? » Figée, elle restait immobile dans l’entrée, me regardant bêtement. Légèrement obsédée par les pâtisseries manquantes, et visualisant mon organisation qui s’effondrait tel un château de cartes, je ne cessais de lui répéter « Nan sérieux, t’as oublié ? Dans une heure, l’appartement sera peuplé d’une vingtaine de nanas prêtes à festoyer et t’as zappé le dessert ? Au chocolat !! »

D’un vif mouvement, mon amie se réfugia sur le canapé, gémissant et jurant, tout en m’expliquant, entre plusieurs hoquets rageurs, que son mari la trompait outrageusement. Surprise par cette nouvelle, je restais alors complètement perdue dans mes pensées, tentant vainement de la réconforter chaleureusement, avant l’arrivée des autres convives complètement hystériques à l’idée de se défouler entre poulettes. Subitement, elle se ressaisit brutalement et m’objecta : « Dis-moi ce que tu en penses ? Tu sais pourquoi il me trompe ? Je suis prête à tout entendre pour ne plus être dans le déni ! »

(suite…)

Monde virtuel, amitié réelle

Confortablement installée dans mon canapé, mon esprit vagabonde en observant une pluie diluvienne s’abattre sur la fenêtre de mon salon. Ainsi, je viens de prendre conscience de quelque chose de fantastique concernant un acte anodin de nos jours.

En effet, il suffit de quelques éléments notables pour provoquer de véritables affinités. Une simple passion, un premier contact, l’échange de messages en 140 caractères… Puis, une envie de se découvrir, doucement, mutuellement, peut s’immiscer si facilement dans nos existences aujourd’hui, grâce à internet.

Cet outil offre un accès libre et illimité à de nombreuses sources d’informations. Caché derrière un écran, cela se révèle tellement simplissime de jouer un personnage, s’affranchir de ses complexes, discuter ouvertement en omettant parfois (souvent ?) certaines règles de politesse ou de pudeur. Fréquemment, la personnalité de l’individu, de cet anonyme public, est plus soumise à Photoshop que le physique du mannequin en couverture du prochain ELLE.

(suite…)

Beauté à l’air pur

Une partie de mon existence a été malheureusement empiétée par mes complexes : trop grande, trop ronde, trop « blanc de poulet » avec cette peau blafarde, trop introvertie, trop fragile. À l’époque, « trop » était certainement le mot qui me définissait le mieux.

Pourtant, j’ai tenté de me convaincre sincèrement que l’on ne se contente jamais de ce que l’on a, même si beaucoup de personnes enviaient ce physique qui me répugnait personnellement tant.

Et elle est arrivée dans ma vie…

Immédiatement, je n’ai vu que cette dernière dans ce paysage blanc, elle m’a de suite aperçue tellement je semblais étrangère à cet environnement. « T’es bien la seule à ne pas bronzer, au ski, à la montagne… Hein, Blanche Neige ! », phrase ponctuée d’un grand éclat de rire.

Cette première tirade, prélude de notre rencontre, aurait pu provoquer un repli de ma personne trop hypersensible… et trop susceptible. Cependant, ces quelques mots humoristiques ont ponctué d’un énorme sourire mon visage.

(suite…)

1 7 8 9