Prise de conscience

Souvent, la société actuelle nous impose une norme sociale : être au top sans relâche avec une mine éclatante, un paraitre parfait auréolé d’un état d’esprit spontanément rayonnant… Ainsi ne jamais fléchir publiquement pour éviter de devoir se relever douloureusement. Pourtant, aujourd’hui, j’ai décidé de ne pas respecter ces codes imposés. Ras-le-bol de la perfection !

En effet, je vais faire la grève du sourire, de la bienveillance et de la gentillesse pendant 24 heures. À présent, je m’accorde le choix d’être de mauvaise humeur, maussade en mode « chonchon », car j’en ai marre d’être éternellement joyeuse, à l’écoute constante des autres, et enfin parce que parfois ne plus s’écouter devient réellement harassant… Finalement, j’ai le droit moi aussi de souffrir, de ruminer bêtement afin d’évacuer, digérer les mauvaises nouvelles du quotidien, et autres péripéties de mon entourage. Maintenant, ma complaisance est aux abonnés absents.

Instantanément, je rentre dans ma grotte, j’hiberne puis pleure pour me soulager des émotions négatives emmagasinées depuis plusieurs semaines. Cela procure tellement de joie, de satisfaction, de se laisser aller posément, égoïstement tout en apaisement. Inévitablement, à force d’accumuler des choses pénibles, néfastes à la quiétude, la carapace se fissure progressivement. Avoir continuellement le moral se révèle impossible, prendre sur soi en permanence peut devenir exténuant et cette « positive attitude » m’épuise, malheureusement trop souvent actuellement.

Dorénavant, je refuse de symboliser l’adulte, je suis lasse de mon statut de personne responsable sur laquelle tout le monde se repose perpétuellement en toutes circonstances. En effet, pour pouvoir épauler les autres sereinement, avec une écoute active, il faut être admirablement disponible dans sa tête, apte à recevoir et conseiller. Tout simplement, dire que tout va bien se révèle quelquefois totalement faux tant une forme de bonne éducation persiste encore, afin de ne pas gêner les autres, les polluer avec vos problèmes personnels alors qu’eux-mêmes ne désirent que décharger les leurs sur vous… Cependant, qui respecte mes propres limites ?

Alors, ressentant ce besoin viscéral de me préserver, je reste lézarder au chaud sous ma couette bien moelleuse. Devant la véritable nécessité de recharger mes batteries psychologiques, je m’offre une journée de repos, une journée off, une journée de liberté, une journée d’oisiveté, une journée de cocooning, une journée de dilettante… Bref, une journée sans aucune pression. Un modeste moment de pause face aux parasites (même ces proches que j’aime pourtant) qui grappillent souvent mon énergie en pensant constamment combien je suis aimable pour consoler leurs maux, sans pour autant souhaiter entendre mes propres mots.

Apaisée, je savoure cette parenthèse de détente avec un contentement non dissimulé, sans réfléchir, privilégiant l’abandon de mon esprit. Immédiatement, la sensation de bien-être apparait comme par magie. Seule à profiter de ma procrastination morale… le bonheur solitaire d’un plaisir simple terriblement jouissif !

Être libre, c’est savoir dire non. »

Jean-Paul Sartre

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