L’angoisse du déménagement

Ce matin, je ressens un réel sentiment de solitude.

Je suis assise, seule, au milieu de mon salon, enfin ce qui ressemblait à un salon avant l’invasion des cartons. Quand je les contemple, toutes ces boites qui occupent mon espace vital, j’hésite entre les larmes et la crise de nerfs. Cette situation me stresse totalement. Plus le temps passe, plus je me sens lamentablement dépassée. « Je ne serais jamais prête à temps » tourne en boucle dans mon esprit torturé.

La fatigue me submerge considérablement (merci les insomnies) et je finis par ruminer toute seule dans mon coin. En fin de compte, j’arrive à douter du choix plus ou moins judicieux de mon changement de logement.  Je n’étais pas si mal avant.  Pourquoi me suis-je mise dans cette galère ? Face à ce constat, je traverse un gros moment de doute absolu.

J’ai le sentiment d’être incomprise : après tout, personne ne m’a obligée à déménager. L’épuisement physique et moral me rend vulnérable et la moindre remarque de mon chéri est une source de querelles. Certes, lui travaille et ne peut donc pas m’aider à tout préparer, mais ce n’est pas pour autant que je doive endurer tout cela toute seule !

Il me rassure en me précisant qu’ayant judicieusement mentionné sur chaque carton un chiffre (dont le contenu est répertorié dans un cahier ainsi il devient facile de retrouver ce que l’on cherche) cette organisation sera un bonheur appréciable lors du rangement dans notre nouvelle demeure. Je suis complètement anéantie ! Mon esprit embué par ce déménagement avait complètement zappé qu’il faudrait ensuite déballer et vider ces cartons de malheur ! Bref je n’en finirai jamais.

En plus, je commence à m’apercevoir qu’un déménagement correspond à un sacré budget financer, je comprends ainsi pourquoi les gens ne déménagent pas en ce moment, période de crise. Entre le règlement des frais d’agence immobilière, la location d’un camion, le mois de caution à avancer, le solde à régler des abonnements et les frais d’ouverture de ligne… (et encore, je n’ai pas de frais de déménageur).

Selon mon magazine favori, un déménagement est une des situations les plus stressantes pour un être humain. Me voilà donc rassurée, je ne suis qu’humaine. Je comprends mieux pourquoi je suis psychiquement épuisée et presque traumatisée par toutes ces émotions, ces images de vie qui s’entrechoquent dans mon esprit à chaque bibelot, photo ou souvenir trié. Ma peur de l’inconnu, mes interrogations face à cette décision, la perte provisoire de mes repères, mes incertitudes sont finalement justifiées.

Déménager est un choix pour lequel je n’ai pas été contrainte, beaucoup ne possèdent pas cette chance. Alors, je ne détiens pas le droit de me plaindre !

Mais j’ai cependant vraiment hâte que cela se termine… Principalement pour enfin retrouver mon téléphone fixe qui ne cesse de sonner quotidiennement et que je ne visualise toujours pas dans ce magma de cartons !

Il n’existe rien de constant si ce n’est le changement. »

Bouddha

 

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