La Taularde

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« Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ? »

Ce film particulièrement sombre, réalisé par Audrey Estrougo, pose l’éternelle question du choix personnel, selon ses propres convictions, et l’aptitude ensuite à assumer concrètement ses décisions. Ainsi la liberté de vie peut-elle être sacrifiée pour démontrer une extrême preuve d’amour ? Où sont les limites ?

Véritable huis clos étouffant, l’ambiance se révèle saisissante tant le spectateur peut ressentir l’insalubrité, l’insécurité et la froideur glaciale de cette prison. En évitant les clichés, cette totale immersion dans l’univers carcéral dépeint avec justesse la cruauté qui y règne, la violence effrayante qui prédomine et les rapports humains, parfois bestiaux, mais aussi teintés d’humour, entre ces femmes emprisonnées et leurs gardiennes.

Au sein de cette noirceur omniprésente, un casting irréprochable (Suzanne Clément, Carole Franck…) offre principalement un véritable rôle poignant, agrémenté de subtilité, à Sophie Marceau. La comédienne (l’une de mes actrices préférées) se révèle naturellement telle une stupéfiante source de lumière, qui submerge totalement l’écran.

En effet, sa prestation époustouflante de sincérité dévoile ainsi l’étendue de son immense talent, loin, très loin, de ses rôles précédents, plus romantiques et légers qui semblaient la caractériser fréquemment depuis de nombreuses années. Dans une mise à nu totale de son corps et de son être, elle exprime admirablement, sans fioriture, la violence et la douleur de son personnage.

Un grand coup de cœur pour ce film coup-de-poing habité d’une réelle énergie émotionnelle, saisissante de réalisme.

Seul le corps peut aller en prison, l’esprit ne peut être prisonnier, on ne peut pas attraper le vent. »

Sahar Khalifa

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