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Montrez ce Sein… Octobre Rose

Comme tous les ans, le mois d’octobre s’orne symboliquement de la couleur rose pour combattre le cancer du sein. Cet Octobre Rose est alors synonyme de souvenirs douloureux pour beaucoup de femmes victimes de cette terrible maladie, cependant il permet aussi de se mobiliser, d’informer et de développer le dépistage.

Un diagnostic dès le début du cancer offre de plus grandes chances de guérison et un taux de survie important. Il faut parler ouvertement de cette maladie, mais pas seulement. Les beaux discours, les photos-chocs et témoignages ne suffisent pas. Chacun doit intégrer dans son existence, son quotidien, cette notion de prévention indispensable. Pas uniquement les femmes. Le conjoint doit aussi vous rappeler qu’une simple mammographie peut vous permettre de continuer ensemble sereinement le chemin de la Vie.

Certes, ce mois permet de développer une réelle opération de sensibilisation, hélas le restant de l’année le combat se dissipe peu à peu. Les médias se tourneront vers d’autres sujets plus vendeurs, plus spécifiques à une période donnée… En novembre, il y a la Toussaint, on peut toujours recycler la couleur rose pour parer les chrysanthèmes du cimetière.

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C’est grave docteur ?

Limite phobique, je ne vais jamais chez le médecin.

Enfin pour être totalement honnête, je le vois, ce fameux docteur, une fois par an (par pure obligation) pour un renouvellement d’ordonnance lié la prescription de mon médicament contre l’hypothyroïdie, autrement je l’évite judicieusement (même s’il est plutôt beau garçon avec un charisme à la Mark Greene). Non pas que je n’ai pas confiance en lui, mais il me semble que Google prend un peu plus au sérieux les terribles pathologies dont je souffre en général.

Quotidiennement, suite aux divers maux que je ressens, ce moteur de recherche me donne des réponses pertinentes et je considère alors que mon hypocondrie n’est pas du tout injustifiée… Malade imaginaire, la bonne blague !

À chaque fois, mon médecin semble penser que ce sont des maladies bénignes et que je n’ai donc aucune raison de m’inquiéter sérieusement. Bref, au vu de nos différences évidentes de diagnostics, je doute légèrement de sa compétence à évaluer mon dramatique état et évite donc de le rencontrer en consultation (en plus, cela m’évite l’interminable et pénible attente dans la fameuse salle d’attente pour tout bon patient qui se respecte). Puisqu’il me soigne si peu souvent, j’espère ainsi que lors d’une prochaine visite, il sera au maximum de ses capacités, c’est à dire conforme aux résultats que je sais pertinemment déjà avoir. La qualité prime toujours sur la quantité.

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Le permis de vivre

Comme à chaque fois, je commence à angoisser une semaine avant la date fatidique.

Comme à chaque fois, pour m’occuper l’esprit et me rassurer inconsciemment, je récure la maison de fond en comble (plus je frotte, moins je pense).

Comme à chaque fois, je lave avec énergie, range le linge repassé consciencieusement dans chaque armoire.

Comme à chaque fois, je cuisine avec amour de la ratatouille (met typique de ma région) et du hachis parmentier. Mes hommes ne raffolent pas de ces deux plats, pourtant ce sont les seuls que je sache faire en quantité industrielle pour remplir avec vigueur le congélateur.

Comme à chaque fois, je ne dors pas la nuit précédant mon rendez-vous.

Comme à chaque fois, le matin du jour J, la gorge serrée, j’embrasse passionnément mon fils et mon mari en leur prodiguant mille et une recommandations.

Comme à chaque fois, anxieuse, je prends la route de bonne heure en espérant ne pas être en retard, mais en souhaitant tout de même ne jamais y arriver.

Aujourd’hui, je passe ma mammographie de contrôle suite à mon cancer du sein. Aujourd’hui, je ne suis qu’une éponge émotionnelle, une boule au ventre me rongeant les entrailles. Vulnérable, je suis une ex-cancéreuse. Cette saloperie de maladie, Petit Crabe, m’a laissé des séquelles physiques et morales. Même si la plupart du temps, j’arrive à vivre avec le plus normalement possible et à continuer mon chemin paisiblement, aujourd’hui, je suis « en mode alerte rouge » (je devrais plutôt écrire rose).

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À tous les seins d’Octobre rose…

Voilà, nous sommes déjà en octobre et c’est donc le moment de ce désormais célèbre Octobre rose pour sa 21e année,  le mois où l’on parle le plus du cancer du sein, le mois où je dois faire ma mammographie de contrôle, le mois où cette angoisse me vrille le corps et le souvenir de « Petit crabe » enserre douloureusement mon cœur, le mois durant lequel je passe inconsciemment, mais tellement machinalement mon doigt sur les cicatrices de mon sein…

J’ai le sentiment que l’automne rime avec l’effeuillage de mon être : je me mets à nue pour connaitre la sentence médicale, mon cerveau reste en éveil prêt à canaliser une mauvaise nouvelle, une petite crampe perpétuelle au creux du ventre me crispe durant cette attente d’octobre… Ensuite, si tout va bien, je referai peau neuve.

Ce moment se révèle terriblement stressant et me rappelle que je suis encore sous surveillance médicale. Finalement, je suis tellement habituée à vivre avec ou sans « Petit crabe » que j’oublie (trop souvent ?) que je suis en rémission seulement. Pourtant, je me sens tellement vivante aujourd’hui. Depuis la fin de mon lourd traitement, je vais de l’avant et l’écriture comble merveilleusement mes journées et mes attentes.

Tout le monde va parler du cancer du sein pendant essentiellement un mois. Les médias vont relayer cet Octobre Rose pour interpeller la population. Certains vont même porter le fameux ruban rose. Évidemment, j’en suis sincèrement heureuse, car cela permet de sensibiliser les gens sur ce sujet délicat.

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