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Le stress de la mammographie

Eh oui, encore un nouveau suivi obligatoire ! Honnêtement, je devrais être désormais habituée à ce genre d’examen, non douloureux, mais je ressens toujours le même stress opprimant. Indéniablement, je suis quelqu’un de positif, néanmoins à chaque fois, le doute s’empare de mon esprit et je subis ainsi une situation pénible. Bien évidemment, cela m’agace profondément. En réalité, j’ai beau me rassurer et me dire que tout va bien en palpant mon sein contaminé et l’autre également, celui qui est encore sain. À quoi bon se torturer mentalement, se ronger les sangs puisque c’est uniquement un banal contrôle de routine, juste pour me rassurer et savoir, confirmer que je suis guérie, en rémission ?

Cependant, les questions tournent en boucle dans ma tête. J’entends cette petite voix qui me poursuit au réveil, perturbe mon sommeil et chamboule mon cœur : et si « petit crabe » était revenu ? Impossible de ne pas y penser lors de cette visite indispensable. Pourtant, je suis acclimatée, je connais les lieux, le médecin, la fameuse salle d’attente où je m’installe pour patienter un certain temps. En effet, la patience est une des qualités évidentes à posséder pour tout bon malade. Juste pour me rappeler, le sens du mot : PATIENT. Immédiatement, en franchissant la porte, je sais que je deviens un simple numéro, un ancien malade qui restera, qu’importe son devenir, un simple patient fiché dans un dossier. Un patient patiente en attendant son tour, en espérant un avis médical favorable, en souhaitant que ce verdict final ne fasse pas irrémédiablement patienter sa vie.

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Bienvenue à l’hôpital

Malgré mon faible entrain pour participer au parcours médical imposé depuis la découverte de ma maladie auto-immune, j’ai la vague impression désagréable que mon cas n’intéresse plus vraiment quelqu’un. Pourtant, j’ai eu le sentiment de franchir vaillamment toutes les embuches infligées, j’ai acquis la politesse permettant de préserver la susceptibilité des différents spécialistes (on ne nomme pas un imminent « Professeur » en qualité de « Docteur », on ne salue pas d’un simple « Docteur »,  un radiologue…), j’ai suivi consciencieusement tous les protocoles imposés et tenter une étroite collaboration avec l’ensemble des blouses blanches.

Pourtant, après divers traitements inefficaces, mon « Docteur spécialiste presque Professeur » m’a superbement jetée. Dehors ! Merci de votre participation active, au revoir et bonne route ! En effet, il ne peut plus rien pour moi, je fais foirer ses statistiques de réussite donc je suis priée de choir dans un autre service… Bref, la patate chaude (moi) sera dorénavant prise en charge par l’hôpital. Transfert de dossier promptement réalisé afin de maintenir la réputation du cabinet privé ! Le cœur lourd, je n’ai pas d’autre choix que celui de me résigner.

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Première fois sur un divan

L’année 2015 se sera terminée, me concernant, avec le fatal diagnostic d’une maladie auto- immune qui entraine certes des répercussions inévitables physiques, mais aussi psychologiques. L’évolution étant trop rapide, 2016 a débuté dans un tourbillon médical entre divers spécialistes et protocoles à respecter.

Dernièrement, me sentant légèrement (totalement) nerveuse et stressée, mon médecin traitant a décidé de me prescrire un traitement « relaxant » et m’a dirigée vers un psy. Il faut dire que lorsqu’il rédigeait machinalement l’ordonnance, je lui ai demandé sur un ton ironique s’il aurait l’obligeance de me prescrire un peu de drogue euphorisante afin de me sentir mieux. Hélas, mon praticien adoré représente un mec ultra cool et très tolérant, mais comprend chaque mot au premier degré, l’humour noir n’étant pas sa spécialisation. Inévitablement, ma plaisanterie douteuse a donc sombré lamentablement dans un puits sans fond et j’ai senti, à son regard étonné, qu’il était urgent que je consulte un pro de la tête avant que le stress ne nuise totalement à ma santé déjà précaire.

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Intimité dévoilée

Comme à chaque fois (hélas), je commence à y penser quand je prends mon rendez-vous annuel… puis j’oublie puisque la séance de torture psychologique ne sera prévue alors que dans six longs mois. Certaines femmes sont angoissées à l’idée de prendre un gramme, de parler en public, de voyager seule (liste non exhaustive) mais personnellement ce qui me fait flipper, celle qui me vrille l’estomac : ma gynéco !

Pourtant je l’adore, car pour en avoir testé énormément, j’ai enfin trouvé la perle rare tant elle est douce, compréhensive et gentille. La crème des gynécos, toutefois je déteste la voir ! Enfin, j’apprécie énormément de papoter avec elle dans son cabinet complètement habillée, toutefois complètement nue, je ne suis plus qu’une boule d’angoisse. Ma pudeur, sans doute excessive (même si j’ai tenté avec un de mes amoureux le camping naturiste pour finir expulsée du lieu-dit au bout de 24 heures) ne se raisonne nullement à l’idée, qu’en qualité de médecin du vagin, elle est habituée à reluquer de la chair fraiche (ou pas) sans emballage.

Bref, ce matin-là après avoir méticuleusement récuré la moindre parcelle de mon anatomie, couper mes ongles de pieds (c’est ce qu’elle a dans la tête pendant l’examen, autant être aussi pointilleuse sur ce sujet), arracher à la pince à épiler le moindre poil perturbant puis hydrater intégralement mon corps, me voici installée dans la salle d’attente impersonnelle. Lorsqu’elle vient me chercher, avec un grand sourire rassurant, j’y vais presque de bon cœur, car je sais que nous allons parler librement de nombreux sujets et verbalement je n’ai aucun tabou. Sauf que là, aujourd’hui, il y a assis, près de son bureau, un truc tout grand, tout mince, légèrement boutonneux, complètement imberbe, qui joue machinalement avec sa branche de lunettes : un mec avec une blouse blanche sur laquelle est inscrit « étudiant ».

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