Arrête ton cinéma !

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« C’est dans l’enthousiasme que Sybille démarre l’écriture de son premier film. Actrice reconnue, elle va passer pour la première fois de l’autre côté de la caméra. Tout semble lui sourire. Ses productrices Brigitte et Ingrid sont deux personnages loufoques mais attachants et Sybille se jette avec elles dans l’aventure, mettant de côté sa vie familiale. Mais, du choix improbable des actrices, aux réécritures successives du scénario, en passant par les refus des financiers, le rêve merveilleux va se transformer en cauchemar. Incorrigible optimiste, Sybille réalisera trop tard que ses productrices fantasques et totalement déjantées vont l’entraîner dans leur folie… »

Voici un joli film sans prétention réalisé par la formidable Diane Kurys qui nous avait enchantés à l’époque avec le délicieux « Diabolo Menthe ». Celui-ci est tiré du roman de Sylvie Testud, « C’est le métier qui rentre », inspiré de sa propre vie. D’ailleurs, cette dernière y joue admirablement bien, avec une rare justesse, son propre rôle d’actrice. C’est donc l’histoire farfelue d’un film inachevé…

Le casting révèle de nombreuses facettes de certains protagonistes : Fred Testot s’affirme de plus en plus en tant qu’excellent comédien, le duo des deux sœurs, en productrices « foldingues », composé par Josiane Balasko et Zabou Breitman est tout bonnement irrésistible et leur douce folie contagieuse.  De plus, les seconds rôles : Claire Keim, Virginie Hocq, Hélène de Fougerolles et Florence Thomassin sont parfaits.

Ainsi, ce film corrosif nous donne un petit aperçu du monde du cinéma, même si parfois il flirte trop avec une ambiance de téléfilm. Les coulisses de cet univers impitoyable demeurent vraiment intéressantes à observer entre caprices de stars, manipulation des producteurs, hypocrisie vénale… L’histoire d’un rêve qui peut se transformer en cauchemar pour le réalisateur qui n’espérait que la réussite de son scénario.

Difficile de ne pas sombrer parfois dans la caricature outrancière, inévitablement cela engendre alors une perte d’intérêt de crédibilité, cependant certaines scènes magistrales redonnent immédiatement une dose de bonne humeur, tant l’autodérision reste palpable.

Allez-y ! Vous allez rire et passer un bon moment, sans prise de tête, juste pour vous divertir.

C’est du vent le cinéma, de l’illusion, des bulles, du bidon. »

Jean Gabin

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