À tous les seins d’Octobre rose…

Voilà, nous sommes déjà en octobre et c’est donc le moment de ce désormais célèbre Octobre rose pour sa 21e année,  le mois où l’on parle le plus du cancer du sein, le mois où je dois faire ma mammographie de contrôle, le mois où cette angoisse me vrille le corps et le souvenir de « Petit crabe » enserre douloureusement mon cœur, le mois durant lequel je passe inconsciemment, mais tellement machinalement mon doigt sur les cicatrices de mon sein…

J’ai le sentiment que l’automne rime avec l’effeuillage de mon être : je me mets à nue pour connaitre la sentence médicale, mon cerveau reste en éveil prêt à canaliser une mauvaise nouvelle, une petite crampe perpétuelle au creux du ventre me crispe durant cette attente d’octobre… Ensuite, si tout va bien, je referai peau neuve.

Ce moment se révèle terriblement stressant et me rappelle que je suis encore sous surveillance médicale. Finalement, je suis tellement habituée à vivre avec ou sans « Petit crabe » que j’oublie (trop souvent ?) que je suis en rémission seulement. Pourtant, je me sens tellement vivante aujourd’hui. Depuis la fin de mon lourd traitement, je vais de l’avant et l’écriture comble merveilleusement mes journées et mes attentes.

Tout le monde va parler du cancer du sein pendant essentiellement un mois. Les médias vont relayer cet Octobre Rose pour interpeller la population. Certains vont même porter le fameux ruban rose. Évidemment, j’en suis sincèrement heureuse, car cela permet de sensibiliser les gens sur ce sujet délicat.

Cependant, honnêtement, cet évènement est un peu « la Toussaint du cancer du sein ». Un coup de projecteur et on passe à autre chose. Ce qui est bien normal. La vie continue quoiqu’il arrive. Hélas, on vit une époque qui accumule les sujets sensibles et les causes humaines, l’amoncellement de combats humanitaires engorge peu à peu notre compassion et notre conscience, au détriment d’un réel intérêt.

Même le malade finit par s’habituer à vivre avec sa pathologie, alors les bien portants, qui ne sont pas conscients de la chance inouïe d’être en bonne santé, zappent les maux des autres, le reste de l’année. C’est pourquoi Octobre Rose doit s’imprégner dans l’esprit de chacun durant toutes les saisons.

La maladie peut toucher à n’importe quel instant, elle n’attend pas que la presse ou la télévision la mette sur le devant de la scène. Une maladie est toujours timide, vicieuse, sournoise, cachée dans l’ombre elle vous grignote activement, et pour la combattre, il existe la prévention et le suivi médical.

Tous les jours, je me dis que je suis si heureuse d’être encore en vie, de pouvoir profiter de ma famille, de mes amis, des gens que j’aime, de respirer tout simplement en prenant mon temps. La liberté de ma vie représente réellement mon bien le plus précieux.

Alors, oui, il y a une vie après le cancer du sein. Elle ne sera plus jamais comme avant, mais elle peut devenir encore plus éclatante de bonheur !

Simplement, je continue ma vie sereinement en m’éclatant avec Carole, grâce à notre blog, à notre premier livre « À chaque jour suffit sa peine » et à ce projet fou de publier bientôt un deuxième ouvrage qui aura pour titre « Le bal des pétasses ». La frénésie commune de l’écriture ne nous arrête plus.

Grâce (parfois « à cause » se transforme en positif) à mon cancer, j’ai changé d’orientation professionnelle pour ma plus grande satisfaction. Après des mois d’incertitude, j’ai osé me lancer dans cette aventure épanouissante. L’avantage de ne rien avoir à perdre, d’être dans l’urgence de l’instant et non plus dans le paraître.

Cette expérience douloureuse m’a été finalement bénéfique et porteuse aujourd’hui d’un message d’espoir. Je comprends aujourd’hui le sens de la maladie, la confrontation avec la douleur physique, la peur de la mort, le désespoir reste une aventure intérieure et personnelle. Après l’horreur, il faut bien l’admettre, la vie reprend ses droits et je savoure ainsi chaque jour encore plus son intensité.

Cependant, il est regrettable d’avoir eu « besoin » du cancer, de « Petit Crabe », pour être enfin moi. Alors, juste entre nous, pas pour suivre une mode ou un buzz médiatique, ce serait sacrément positif de se préserver, d’utiliser le dépistage afin de s’épanouir dans notre futur.

Chaque jour nous appartient si l’on se donne la possibilité d’en profiter. En détectant à un stade précoce le cancer du sein, la guérison se révèle efficace dans 9 cas sur 10 !

Une simple mammographie, une consultation médicale peuvent changer votre destin…

Combattre ses appréhensions, ses réticences grâce à la prévention.

Sans avance de frais, vous avez la liberté de continuer votre chemin !

Faites-vous dépister, ne vous privez pas de cette chance !

Plus d’infos :

Cancer du sein

Rose Magazine

 S’il n’y avait pas la Science, combien d’entre nous pourraient profiter de leur cancer pendant plus de cinq ans ? »

Pierre Desproges

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