À quatre roues

Autant se faire plaisir avec ce précieux blog en abordant un sujet qui me tient à cœur en ce moment… Ainsi, pourrais-je aider les mamans qui hésitent encore à prendre cette décision extrêmement importante : dois-je ou non inscrire mon enfant à l’apprentissage de la conduite accompagnée ? Sujet hautement philosophique qui n’est pas pourtant abordé cette année au  bac !  Alors Pour ou Contre ?

Au départ, la simple idée que mon fils était devenu grand d’un coup (j’ai l’impression d’avoir loupé la transition entre les couches et les soirées festives aux cocktails alcoolisés) pouvant alors éventuellement s’offrir la liberté de conduire, et donc de côtoyer l’imprudence d’autres conducteurs, me donnait des sueurs froides. Puis, tentant de me raisonner, devant l’insistance de mon bébé d’homme, j’ai réussi à me persuader (à grand renfort de respiration profonde pour combattre mon hyperventilation) que dorénavant je devais le laisser guider ses pas vers sa vie de presque adulte.

Bref, ses petits petons se poseraient un jour prochain sur les pédales afin que le cycle naturel fasse son chemin. Courageusement, j’ai téléphoné à diverses auto-écoles. En fait, cela me paraissait si simple et rassurant d’écouter la responsable me stipulant les renseignements pour l’inscription, la facilité des formalités. Sauf que lorsque cette charmante personne, à la douce voix, m’a stipulé le montant, j’ai redouté de vendre ma propre voiture pour devoir offrir des leçons à mon fils ! Si j’avais su, je pense que j’aurai commencé à mettre de l’argent de côté dès sa naissance, en effet, le prix se révèle astronomique !

Après avoir vidé mon Livret A, je commence une autre étape : remplir le dossier et surtout prévoir un long moment afin de fournir tous les papiers nécessaires (les photos, le justificatif de domicile, une copie de la feuille de recensement… c’est quoi ? il faut aller à la mairie qui a des horaires peu flexibles…) Bref, poser une RTT et se renseigner judicieusement avant, afin d’éviter les multiples déplacements.

Ensuite, c’est parti pour le parcours du futur conducteur ! Tout d’abord, le fameux Code… « Fastoche » selon la prunelle de mes yeux qui me précise qu’il sait et n’a donc aucunement besoin d’ouvrir le livre, de plus apprendre par cœur les panneaux ne l’amuse pas tant cela demeure fastidieux. Donc la galère commence pour tous les parents novices qui répètent inlassablement que l’on ne peut pas inventer ce que l’on ne connait pas. Le début de magnifiques sources de conflits.

Et le temps passe… Après de longs mois, honteusement j’ai décidé de devenir croyante un court instant et j’avoue avoir mis un cierge un jour de déprime en demandant un miracle à Sainte Rita, la patronne des causes désespérées.

Enfin, un jour de chance,  il réussit son Code ! Maintenant, les cours de conduite commencent. Tout va bien ! Petit moment de soulagement. Sauf que finalement il faut rajouter quelques leçons supplémentaires… Le budget pour les prochaines vacances part rapidement dans l’apprentissage supplémentaire de cette foutue conduite. Et là mes désillusions débutent. Ce que j’avais omis, refusé de penser, peut-être un peu par une forme de déni, est qu’à présent, mon fils va pouvoir conduire avec moi ou son papa, NOTRE véhicule personnel. Naïvement, je n’imaginais pas que cet acte serait aussi stressant. Un passage obligé pour tout accompagnant !

À ses côtés, je ne suis qu’une boule de stress, ratatinée sur le siège passager (celui du mort !), tentant désespérément d’appuyer sur une pédale de frein imaginaire. Rapidement, les balades en voiture dégénèrent en discussions virulentes. À mon avis, il roule trop près du fossé ou complètement au milieu de la route, ne semble pas percevoir que le feu est rouge ou qu’un stop désigne un arrêt. Pour seule et unique réponse, j’obtiens laconiquement un « T’inquiètes, je gère ! », ricanant ouvertement sur ma façon de conduire. Lui sait, moi non !

De véritables instants de bonheur familial qui me laissent entrevoir la suite de ses aventures : lorsqu’il obtiendra son permis à 18 ans, qui va acheter une voiture et ne plus dormir de la nuit ? Finalement, je pense que je n’investirai pas dans un autre cierge pour l’obtention du fameux papier rose, j’envisage plutôt sérieusement de lui offrir un vélo pour son prochain anniversaire… éventuellement une trottinette ?

Il faut tant d’élan en soi, tant de passion énergique pour conduire un enfant vers l’homme ou la femme qu’il promet. »

Cécile Gavriloff

Comments are closed.