Victoria

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« Victoria Spick, avocate pénaliste en plein néant sentimental, débarque à un mariage où elle y retrouve son ami Vincent et Sam, un ex-dealer qu’elle a sorti d’affaire. Le lendemain, Vincent est accusé de tentative de meurtre par sa compagne. Seul témoin de la scène, le chien de la victime. Victoria accepte à contrecœur de défendre Vincent tandis qu’elle embauche Sam comme jeune homme au pair. Le début d’une série de cataclysmes pour Victoria.»

Enfin une comédie française romantique, délicieusement innovante. À la fois rythmé et touchant, ce film d’auteur, réalisé par Justine Triet, regorge de rebondissements inventifs et burlesques. De plus, l’écoute des dialogues, souvent perspicaces dans une morosité ambiante, demeure savoureuse grâce au rythme des diverses situations loufoques.

Dans ce portrait de femme, Virginie Efira interprète magnifiquement, et tout en subtilité, le rôle de son personnage moderne, une originale plutôt paumée, sexy et très drôle jonglant entre son devoir de mère de famille divorcée et son métier. Ainsi, son nouveau statut de comique lui confère une étoile supplémentaire à son talent de comédienne, tant elle se révèle formidable dans sa prestation. Totalement délirante et excentrique, elle sublime parfaitement le spectacle. Les autres acteurs, notamment Vincent Lacoste et Melvil Poupaud, se révèlent excellents eux aussi, équilibrant alors parfaitement un scénario pertinent.

Certes, parfois cela reste un peu trop cocasse, mais cette jolie histoire d’amour, parfois dramatique, nous comble d’un beau sourire, même après le générique de fin. Le signe d’un succès ?

Pour qu’un amour soit inoubliable, il faut que les hasards s’y rejoignent dès le premier instant. »

Kundera Milan

Douceur à Portofino

Dernièrement, suite à deux jours de pluie consécutifs, j’ai subitement pris conscience de la fin imminente de l’été, du point final de cette chaleureuse saison, que j’affectionne particulièrement. Même mes pauvres petons, le soir venu, commençaient à ressentir cette fraicheur naissante, m’obligeant presque à reléguer mes tongs adorées au profit de chaussettes bien chaudes, plus enveloppantes. Devant un tel constat et avant que la déprime saisonnière ne me gagne, j’ai décidé de réserver prestement quelques jours en Italie, ce pays si cher à mon cœur.

(suite…)

La Taularde

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« Pour sauver l’homme qu’elle aime de la prison, Mathilde prend sa place en lui permettant de s’évader. Alors que sa survie en milieu carcéral ne dépend que de lui, Mathilde n’en reçoit plus aucune nouvelle. Isolée, soutenue uniquement par son fils, elle répond désormais au numéro d’écrou 383205-B. Mathilde deviendra-t-elle une taularde comme une autre ? »

Ce film particulièrement sombre, réalisé par Audrey Estrougo, pose l’éternelle question du choix personnel, selon ses propres convictions, et l’aptitude ensuite à assumer concrètement ses décisions. Ainsi la liberté de vie peut-elle être sacrifiée pour démontrer une extrême preuve d’amour ? Où sont les limites ?

Véritable huis clos étouffant, l’ambiance se révèle saisissante tant le spectateur peut ressentir l’insalubrité, l’insécurité et la froideur glaciale de cette prison. En évitant les clichés, cette totale immersion dans l’univers carcéral dépeint avec justesse la cruauté qui y règne, la violence effrayante qui prédomine et les rapports humains, parfois bestiaux, mais aussi teintés d’humour, entre ces femmes emprisonnées et leurs gardiennes.

Au sein de cette noirceur omniprésente, un casting irréprochable (Suzanne Clément, Carole Franck…) offre principalement un véritable rôle poignant, agrémenté de subtilité, à Sophie Marceau. La comédienne (l’une de mes actrices préférées) se révèle naturellement telle une stupéfiante source de lumière, qui submerge totalement l’écran.

En effet, sa prestation époustouflante de sincérité dévoile ainsi l’étendue de son immense talent, loin, très loin, de ses rôles précédents, plus romantiques et légers qui semblaient la caractériser fréquemment depuis de nombreuses années. Dans une mise à nu totale de son corps et de son être, elle exprime admirablement, sans fioriture, la violence et la douleur de son personnage.

Un grand coup de cœur pour ce film coup-de-poing habité d’une réelle énergie émotionnelle, saisissante de réalisme.

Seul le corps peut aller en prison, l’esprit ne peut être prisonnier, on ne peut pas attraper le vent. »

Sahar Khalifa

Relève : histoire d’une création

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« Benjamin Millepied, danseur chorégraphe français, est nommé directeur de la danse de l’Opéra National de Paris en novembre 2014. Sa jeunesse, son regard moderne, sa culture et sa notoriété doivent apporter un renouveau dans la prestigieuse institution. Aussi bien dans ses choix créatifs que par ses méthodes de travail auprès des jeunes danseurs du corps de ballet, Benjamin Millepied va révolutionner les codes de la danse classique. RELÈVE raconte le processus de création de son nouveau ballet “Clear, Loud, Bright, Forward”, une incroyable épopée pleine d’énergie. »

Ce passionnant documentaire, réalisé par Thierry Demaizière et Alban Teurlai, se révèle tout simplement stupéfiant de beauté ! De ce fait, ce film propose une véritable immersion dans le travail technique, étonnamment complexe, d’un danseur classique pour transformer une douloureuse rigueur physique et morale en grâce majestueuse lorsque le rideau s’ouvre face à un public, en attente d’un spectacle unique.

En effet, chaque plan est filmé avec un réel souci du détail en dévoilant une sublime analyse des différents éléments. Constamment, le spectateur accompagne chaque pas de danse, transporté par une musique sensationnelle.

De plus, outre la splendide esthétique visuelle, l’histoire passionnante de Benjamin Millepied, qui lutte constamment pour insuffler de la modernité et dépoussiérer alors le carcan étriqué de ce monde particulier, demeure étonnante. Visiblement, les rats ne se trouvent pas qu’à l’Opéra ! En effet, je suis restée totalement admirative des choix audacieux de ce chorégraphe exceptionnel dont l’immensité de son talent reflète aussi la véritable tolérance de son esprit.

Du grand art digne du lieu symbolique qui lui sert de décor ! Benjamin Millepied, accompagné de son ballet, illumine d’une nouvelle lumière l’Opéra de Paris, véritable institution française.

Grandiose !

Chaque jour il faut danser, fût-ce seulement par la pensée. »

Nahman de Braslaw

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